Un peu d’histoire

Salubrité générale

Afin de démontrer que le métier de plombier à Vincennes et plus généralement en France n’a pas toujours été ainsi, voici quelques extraits du manuel de génie sanitaire datant de 1898 :

Les propriétaires sont trop souvent portés, par mesquine et coupable économie, à sacrifier l’intérêt majeur de la salubrité de leurs locataires ; il est donc de nécessité impérieuse d’édicter des règlements sévères imposant des conditions sanitaires rigoureuses, indispensables à l’hygiène particulière, telles que l’indication des matériaux à employer, des dimensions, épaisseurs, etc…, à donner aux constructions, toutes les précautions ç prendre pour que les habitants aient l’espace, l’air pur, l’eau, la température et la lumière nécessaires.

Les logements malsains sont en effet, bien souvent, la cause de l’origine et de la propagation du choléra, de la fièvre typhoïde, de la variole et de toutes les épidémies qui ravagent des quartiers entiers et parfois toute une ville.

Plombier Vincennes

Nous donnons les règles administratives applicables à Paris aux maisons à construire, et nous les faisons suivre des modifications applicables aux maisons qui existaient avant la mise en vigueur de ces prescriptions.

Il est à remarques que ces prescriptions sont encore bien insuffisantes pour satisfaire aux desiderata de l’hygiène intégrale.

Si la salubrité des constructions dépend tout d’abord des matériaux avec lesquels elles sont construites, des dimensions de leurs diverses parties et de leur situation, cette salubrité, une fois assurée théoriquement, ne peut être maintenue que par un entretien incessant et de sages précautions qui dépendent des locataires seuls.

Il faut assurer la défense des bâtiments contre l’humidité, et pourvoir, en toute saison, à une ventilation raisonnée ; en hiver, à un chauffage sain, en tous temps, à un éclairage sans inconvénient. Il faut laver régulièrement certaines surfaces et désinfecter parfois à la suite de causes momentanées de contamination. Enfin, dans bien des industries particulières il y a des mesures spéciales qui s’imposent.

Malgré les efforts de la commission des logements insalubres de Paris, bien des améliorations ne peuvent être faires, par suite du manque de sanction des décisions du Conseil municipal relativement à la salubrité, et de l’indécision de bien des règlements officiels. D’ailleurs, un nombre infime de villes de France ont des commissions de logements insalubres ; dans la plupart, ces commissions manquent totalement, et l’hygiène publique et privée y est absolument négligée.

Plombier Vincennes

Maisons à construire

Les règlements des 10 avril 1783 et 25 aout 1784 avaient déterminé la hauteur des bâtiments d’après la largeur des voies publiques et la nature des matériaux employés. La trop grande hauteur des maisons, surtout dans les rues étroites, souvent très peuplées, rend ces voies obscures, humides, mal aérées et par conséquent malsaines.

Le décret du 26 mars 1852 obligea les constructeurs à soumettre leurs plans à l’administration avant d’entreprendre des travaux et à se conformer aux prescriptions reconnues nécessaires dans l’intérêt de la salubrité.

Le décret du 27 juillet 1859 limita à Paris à 17m55 la hauteur des bâtiments en bordure des voies privées et espaces intérieurs et fixa un minimum de 2m60 pour les étages des maisons.

Le décret du 18 juin 1872 fixa à 40 mètres au moins la surface des cours des maisons de 20 mètres, et à 4 mètres au moins la surface des courettes de toutes les maisons sans exception, et interdit d’établir sur ces courettes des pièces à usage de chambre à coucher, si ce n’est au dernier étage.

Le décret du 23 juillet 1884 a comblé les lacunes des décrets précédents ; il a établi les dispositions suivantes :

  • La hauteur des maisons en bordure des voies publiques ou privées ou de tous autres espaces intérieurs est déterminée d’après la largeur de ces voies ou espaces, soit 12, 15, 18 ou 20 mètres de hauteur dans les voies ou espaces ayant moins de 7m. 80 de largeur, ou de 7m. 80 à 9m74, ou de 9m. 74 à 20 mètres ou enfin plus de 20 mètres de largeur ;
  • Le profil du comble des maisons ne peut dépasser un arc de cercle dont le rayon est égal à la moitié de la largeur des voies ou espaces, sans pouvoir être supérieur à 8m50
  • La hauteur minimum des rez-de-chaussée est fixée à 2m80 et celle des étages à 2m60 ;
  • Les maisons ne peuvent pas comprendre plus de 7 étages
  • Les cours intérieures sur lesquelles prennent jour et air des pièces pouvant être habitées doivent avoir au moins 30 mètres de surface avec une largeur moyenne de 5 mètres, dans les maisons d’une hauteur inférieure à 18 mètres, et au moins 40 mètres de surface avec la même largeur de 5 mètres, dans les bâtiments dépassant 18 mètres de hauteur. Ces dimensions sont portées à 60 mètres de surface et 6 mètres de largeur moyenne, lorsque les ailes des bâtiments dépassent la hauteur de 18 mètres ;
  • Les courettes doivent avoir les dimensions minima suivantes : 9 mètres de surface et 1m60 de largeur pour éclairer et aérer les cabinets d’aisances, les vestibules et les couloirs, et enfin 5 mètres de surface pour éclairer et aérer les pièces destinées à l’habitation, qui sont tolérées au dernier étage de la maison.
  • Les cours et courettes, sur lesquelles prennent jour et air les pièces pouvant être habitées, les cuisines ou les cabinets d’aisance, ne peuvent être couvertes par des combles vitrés qu’à la double condition que ces combles vitrés soient munis d’un châssis ventilateur à faces verticales, dont le vide aura au moins le tiers de la surface de la cour ou courette et 40 centimètres de hauteur, et qu’il soit établi, à la partie inférieure des cours et courettes, des orifices prenant l’air dans les sous-sols ou caves et ayant au moins 8 décimètres carrés de surface.

Ces dispositions ne sont applicables qu’à Paris, mais il serait bon que des arrêtés municipaux en étendissent la plus grande partie aux autres villes de France.

La commission technique de l’assainissement de Paris, composée de médecins, d’ingénieurs et d’architectes, instituée par le Préfer de la Seine, a fonctionné en 1882-83 et voté un certain nombre de résolutions, qui constituent, en quelque sorte, l’idéal de l’hygiène publique et privée. C’est en s’appuyant sur ses résolutions, que le Conseil municipal a adopté en principe le 11 avril 1884, qu’ont été élaborés, par la suite, les divers règlements d’assainissement.

Les arrêtés des 8 août 1894 et 9 mai 1896 ont indiqué les conditions d’établissement, à Paris, des cabinets d’aisances, des tuyaux de chute, etc…, supprimé les fosses fixes et prescrit le « tout à l’égout ».

Un excellent projet de règlement du mode de construction des bâtiments à Paris a été présenté il y a quelques années ; malheureusement, il n’a pas encore été voté ; néanmoins nous le donnons ici, car il résume les bonnes conditions exigibles d’une maison moderne.

Maisons existantes : Parties à usage commun.

L’autorité municipale, s’appuyant sur la loi des 16-24 août 1790 a réglementé :

Par l’ordonnance de police du 23 novembre 1853, les dépôts d’immondices dans les cours et les allées, le défaut d’entretien des cabinets d’aisance communs, les tuyaux et cuvettes destinés à l’écoulement des eaux ménagères, etc… Par l’ordonnance de police du 20 juillet 1838, l’établissement et l’entretien des puits et puisards.

L’article 193 de la coutume de Paris, confirmé par l’édit de François 1er de novembre 1539, prescrit la construction de cabinets d’aisances dans les maisons qui en sont dépourvues ou qui en ont insuffisamment.

L’ordonnance du 24 septembre 1819 détermine le mode de construction des fosses d’aisances, mais les arrêtés de 1894 et 1896, les ont supprimés et ont indiqué les conditions exigibles des cabinets d’aisances et des appareils « tout à l’égout ».

Le décret-loi du 26 mars 1852 prescrit le blanchiment, au moins une fois tous les dix ans, des façades extérieures des maisons.